Une silhouette fine, des longues oreilles soyeuses, un port de tête qui dit clairement “je sais qui je suis”, les gens s’arrêtent, regardent, et demandent. C’est quoi comme race ?
La réponse pourrait être : l’une des plus anciennes au monde. Probablement la première race à avoir été domestiquée par l’humain. Un chien qui existait déjà au temps des pharaons, représenté sur des fresques égyptiennes et des sculptures mésopotamiennes datant de 4 000 ans avant notre ère. Un chien qui n’a pas vraiment changé depuis. On te présente le Saluki.
Une histoire qui commence il y a bien longtemps
Le Saluki vient du Moyen-Orient. Pendant des millénaires, il a vécu avec les tribus bédouines du désert, utilisé pour chasser les gazelles et les lièvres à travers des terrains que la plupart des chiens n’auraient même pas traversés. Sa particularité dans ce rôle : il chassait à vue, pas à l’odorat. Il repérait, il fondait, il attrapait. Parfois sur des dizaines de kilomètres.
Ce qui est fascinant dans son histoire, c’est la place qu’il occupait dans la culture arabe. Le Saluki ne se vendait pas, il se donnait. Offrir un Saluki était un geste de respect et de confiance profondes, l’équivalent d’un cadeau royal. Cette tradition explique d’ailleurs pourquoi la race présente aujourd’hui autant de variations dans son type. Chaque tribu avait ses propres Salukis, adaptés à son territoire, et quand ces chiens ont été offerts aux Européens qui commençaient à s’y intéresser, ils venaient de régions très différentes, avec des caractéristiques légèrement différentes.
Le premier standard européen officiel a été rédigé en 1923 en Angleterre. La FCI classe aujourd’hui le Saluki dans le groupe 10, section 1 : lévriers à poil long ou frangé.
Pourquoi il est pensé pour la vitesse
Le Saluki mesure entre 58 et 71 cm au garrot selon le standard FCI, les femelles étant proportionnellement plus petites. Sa silhouette est immédiatement reconnaissable : longiligne, élancée, avec une ossature fine mais des muscles développés là où ça compte, notamment dans les cuisses et les reins.
Sa tête est longue et étroite, avec un stop peu marqué et des yeux ovales d’un brun profond à noisette qui donnent cette expression particulière que le standard décrit très justement comme “digne et douce, avec un regard fidèle et distant”. Ce regard distant, c’est peut-être ce qui déroute le plus les personnes qui le rencontrent pour la première fois. Il ne vous regarde pas comme un Labrador vous regarderait. Il vous regarde comme quelqu’un qui a d’autres choses en tête, mais qui vous apprécie quand même.
Il existe en deux variétés :
- Avec franges, les plus courantes, qui ont de longs poils soyeux aux oreilles, à l’arrière des membres et sur la queue ;
- Et à poil ras, dites “smooth”, identiques en tous points sauf le pelage.
Toutes les couleurs sont admises par le standard, du blanc crème au noir en passant par le fauve, le sable, le grizzle. Les seules robes indésirables sont les bringées.
En mouvement, le standard parle d'”allures légères et aériennes, montrant à la fois allonge et impulsion”. Ce n’est pas du tout exagéré. Il peut atteindre 60 à 69 km/h, ce qui en fait l’un des chiens les plus rapides au monde, juste derrière le Greyhound. Mais contrairement au Greyhound qui est un sprinter pur, le Saluki est aussi un chien d’endurance. Il est fait pour courir longtemps, sur des terrains difficiles.
Son caractère : le grand malentendu
Voilà où beaucoup de personne se trompent sur le Saluki. Ils voient un chien distant, peu démonstratif avec les inconnus, pas particulièrement obéissant, et ils concluent que c’est un chien froid ou difficile.
Ce n’est ni l’un ni l’autre.
Le Saluki est un chien profondément attaché à sa famille. Mais cet attachement est discret, à la façon d’un ami très proche qui n’a pas besoin de le crier pour que vous le sachiez. Il ne va pas vous sauter dessus dès que vous rentrez. Il va probablement se lever de son canapé, venir s’asseoir près de vous, et c’est tout. Avec les étrangers, il est réservé, parfois indifférent, mais jamais agressif ni craintif.
L’indépendance, en revanche, est réelle. Le Saluki n’a pas été sélectionné pendant des millénaires pour exécuter des ordres mais pour prendre des décisions autonomes en situation de chasse. Cette intelligence-là, celle qui consiste à agir seul quand il le faut, est très présente.
Pour l’éducation, ça veut dire concrètement qu’il répond très bien aux méthodes douces et au renforcement positif, et très mal à la brutalité ou à la répétition mécanique. Il apprend vite ce qu’on lui enseigne avec patience. Il oublie tout aussi vite ce qu’on lui impose avec force.
Le rappel mérite une mention particulière. C’est un point de vigilance sérieux avec le Saluki : dès qu’il voit quelque chose bouger au loin, l’instinct de chasse peut prendre le dessus. Travailler le rappel tôt, systématiquement, et toujours dans des espaces sécurisés pour les sorties libres c’est non négociable avec cette race !
La vie avec un Saluki au quotidien
Ce n’est pas un chien pour tout le monde parce qu’il a des besoins spécifiques qu’il faut être prêt à honorer.
Le premier, c’est le mouvement. Un Saluki qui ne court pas régulièrement est un Saluki qui n’est pas bien dans ses pattes. Il peut tout à fait s’adapter à la vie en appartement, il est d’ailleurs étonnamment calme à l’intérieur, mais il faut lui offrir au minimum une à deux heures d’activité par jour, avec de vraies phases de course en liberté dans des espaces clôturés. Le coursing, les cynodromes, le canicross adapté : c’est son univers.
Le deuxième, c’est la douceur dans les relations. Le Saluki est sensible. Il capte les tensions, réagit aux changements d’ambiance, et supporte mal les environnements chaotiques ou incohérents. Une maison calme lui convient beaucoup mieux qu’un environnement bruyant.
Pour les familles avec enfants, ça peut très bien fonctionner, à condition que les enfants comprennent que ce chien a besoin de son espace et ne s’impose pas. Il n’est pas le chien qui va se laisser tirailler dans tous les sens avec enthousiasme.
Avec les autres chiens, généralement sans problème, surtout s’il a été bien socialisé jeune. Avec les chats et les petits animaux, c’est plus à surveiller : l’instinct de prédation peut se réveiller face à un mouvement rapide.
L’entretien du pelage est simple pour sa taille. Un brossage une à deux fois par semaine suffit pour la variété à franges, avec une attention particulière pendant les mues. Sa santé est généralement robuste et son espérance de vie se situe entre 12 et 14 ans.
Le Saluki est-il fait pour vous ?
Si vous cherchez un chien qui va vous suivre partout en regardant dans vos yeux avec adoration et exécuter chaque commande au quart de tour, le Saluki n’est probablement pas votre race.
Si vous cherchez un compagnon avec une présence silencieuse et loyale, capable de performances athlétiques impressionnantes mais aussi de longues soirées de canapé, le Saluki est une expérience assez unique.
C’est un chien qui choisit aussi un peu ses humains. Et quand il vous a choisi, il vous garde.
Chez CadCie, si le Saluki vous attire mais que vous hésitez encore sur la race qui vous correspond vraiment, notre étude d’adoption personnalisée est là pour ça. Cinq minutes pour qu’on comprenne votre mode de vie, et on vous aide à trouver le bon match.
- Par Zoé Barbier